La Presse
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A la bonne heure
Article d'Isabelle PETITLAURENT
Paru dans l'Est Républicain du samedi 24 mars 2007
A l'occasion du changement d'heure, gros plan sur un Belfortain passionné par les
mécanismes des horloges.
De préférence des « Ungerer » fabriquées dès 1856.
Dans la nuit de samedi à dimanche, on passe à l'heure d'été. A 2h du matin il sera
3h.
Il faudra donc penser à régler les multiples horloges qui nous côtoient quotidiennement
: montre, pendule, radio-réveil, ordinateur, mais aussi téléphone, four, voiture,
etc.
Gérard Guilbaud, Belfortain d'adoption, aura lui aussi, du pain sur la planche.
Les horloges, c'est toute l'année qu'il les bichonne. Et plus elles sont anciennes,
plus il les aime. Ses préférées : les modèles signés de l'Alsacien Ungerer, fabriqués
entre 1856 et 1970. Grâce aux livres, aux conseils de passionnés et à un grand sens
de l'observation, Gérard a appris à connaître les mécanismes de ces vieilles dames.
Et
s'est donné une mission : retrouver les horloges oubliées, abîmées par le poids des
ans pour leur offrir une cure de jouvence. Et permettre, lorsque c'est possible,
au grand public de redécouvrir ces chefs-d'oeuvre mal connus.
Gérard a sollicité les
communes du Territoire, pour que les maires, les curés, voire les entreprises, regardent
si le temps ne s'est pas arrêté dans leurs greniers.
Avis de recherche
«J'ai recensé
vingt-cinq horloges Ungerer dans le département, mais je ne les ai pas toutes retrouvées
» regrette-t-il.
«J'ai rénové les horloges d'Offemont, Auxelles-Bas, Bessoncourt et
Clairegoutte. Je viens de finir celle de Giromagny, qui a la particularité d'être
nettement plus petite que les autres, parce qu'elle était située dans la mairie.»
Repeinte
en bleu et dorée par une artiste locale, Hélène Montiel, elle va bientôt retrouver
sa place dans la hall de l'hôtel de ville. Dans un écrin de verre qui la mettra en
valeur. «Comme les autres, elle indiquera l'heure, mais ne sera pas reliée aux cloches
du grenier. Seule celle de l'église d'Offemont actionne toujours la sonnerie des
cloches.»
Néanmoins, la vieille horloge de Giromagny, remise au goût du jour, pourra
déclencher ponctuellement les cloches lors de mariages. Elle a cessé de fonctionner
en 2001.
Gérard s'occupera ensuite de l'horloge de l'église, ainsi que d'un second
modèle, à Auxelles. «J'ai également des contacts avec les communes de Grosmagny et
Frahier, mais j'aimerais trouver d'autres Ungerer oubliées..»
Pour les remettre en
état sans compter ses heures. Toujours bénévolement.
Gérard Guilbaud règle l'heure à Offemont
Le maître du temps
Article d'Isabelle PETITLAURENT
Paru dans l'Est Magazine du dimanche 25 mars 2007
Pas question de compter ses heures ! Gérard Guilbaud, Belfortain d'adoption, s'est découvert une passion pour les vieilles horloges, pendules et pendulettes, il y a vingt ans.
« Je travaillais dans la micromécanique, à Strasbourg. Le hasard m'a permis de rencontrer Alfred Faullimmel qui bichonne la prestigieuse horloge astronomique depuis quarante-six ans. » Séduit par les mécanismes ingénieux mis au point par les Alsaciens Schwilgué et Ungerer, Gérard a décidé de redonner une nouvelle jeunesse à ces vieilles dames abîmées par le poids des ans. «En Alsace, ces horloges sont bien entretenues, mais ailleurs, les gens ne connaissent pas forcément leur intérêt historique et ne savent pas les entretenir.»
Bénévolement, Gérard court après le temps. Il dégraisse, enlève la rouille, nettoie,
polit, huile, révise, règle les mécanismes complexes, les câbles et les poulies.
«
Je ne suis pas horloger, j'ai tout découvert seul, grâce aux bouquins. J'ai toujours
pris l'habitude de faire fonctionner des tas de machines différentes ; sans lire
les notices, en observant simplement comment elles marchent.. »
Le Belfortain a déjà rénové les horloges d'Auxelles-Bas, Offemont et Bessoncourt dans le Territoire de Belfort, ainsi que Clairegoutte en Haute-Saône. Il vient d'achever la remise en état de celle la mairie de Giromagny et va se pencher sur celle de l'église. Des contacts sont également en cours avec les communes de Grosmagny et Frahier. « J'ai répertorié 25 horloges Ungerer dans le Territoire de Belfort. Les premières ont été fabriquées en 1856, les dernières en 1970. Sur l'ensemble de la France, on en compte 7.000 à 8.000 !»
Gérard Guilbaud lance donc un appel aux maires et curés, sorte de SOS pour sauver
les horloges oubliées. « Celle d'Offemont, vieille de 140 ans, est la seule du Territoire
qui continue à actionner les cloches de l'église et indiquer l'heure sur les quatre
cadrans. » Si les autres ne sont plus reliées au clocher, elles continuent toutefois
de donner l'heure.
« La plus ancienne Ungerer que j'ai réparée est celle de Clairegoutte,
fabriquée en 1866. Mais la plus surprenante, c'est celle de Giromagny, de 1877 :
elle m'a demandé beaucoup de travail, car elle est miniaturisée. » Quarante centimètres
de large, à peine, contre près de deux mètres pour les autres. Et 20 kg alors que
les autres affichent fièrement leurs 120 kg ! « Toute la difficulté réside dans le
nombre de pièces : pas moins de 140 ! Il m'a fallu deux semaines pour mémoriser leur
place et leur fonction et autant pour remettre l'horloge en état. C'est la première
fois que je voyais un modèle comme celui-ci. »
Bientôt, elle trônera dans le hall de la mairie, superbe, dans un meuble vitré sur-mesure. Pour le plus grand bonheur de Gérard, qui ne se lasse pas de contempler les mécanismes rutilants. Avec elles, les heures passent plus vite. Et si Gérard ne peut pas rattraper le temps perdu, il peut au moins l'arrêter, l'espace d'un moment..
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Article extrait du Pays Comtois du 20 mars 2010
Article extrait de l'Est Républicain du 12 mars 2010
Article paru le 10 juin 2008 sur www.judaicultures.info
Article extrait de "Le Pays" paru le 18 octobre 2010